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Protéger son poulailler de la fouine et du renard

J'ai perdu deux poules en une nuit derrière un grillage que je croyais solide. Une fouine passe par une ouverture de cinq centimètres.

Par Baptiste S., éleveur amateur, auteur du sitePublié le 30 juillet 20268 min

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Un matin de mars, j’ai trouvé deux poules mortes dans le poulailler, sans qu’aucune ne soit emportée. Le grillage était intact. La trappe était fermée.

Le passage était une ouverture de six centimètres entre le toit et la paroi, que j’avais laissée pour la ventilation. Une fouine était entrée par là.

La règle qui résume tout

Si la tête passe, l’animal passe.

Une fouine adulte franchit une ouverture d’environ cinq centimètres. Un rat, trois. Une belette, encore moins. Ce ne sont pas des chiffres théoriques : c’est le diamètre du crâne, et le reste du corps suit sans difficulté.

Regardez votre poulailler avec ça en tête, et vous verrez des passages partout : sous une porte mal ajustée, entre deux planches disjointes, autour d’un conduit de ventilation, à la jonction du toit.

Le grillage à poules ne protège de rien

C’est le malentendu le plus coûteux de la basse-cour.

Le grillage à poules hexagonal, celui qu’on trouve partout et qu’on achète par réflexe, est conçu pour empêcher les poules de sortir. Son fil est fin, ses mailles font quatre à cinq centimètres, et il se déchire à la main.

Un renard passe au travers. Une fouine aussi. Un chien errant l’arrache.

Ce qu’il faut : un grillage soudé à maille fine, idéalement 13 × 13 mm ou 19 × 19 mm, avec un fil d’un diamètre supérieur. C’est plus cher au mètre, et c’est la différence entre une clôture et une décoration.

Grillage soudé à maille fine

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Regardez deux chiffres : la maille, 13 ou 19 mm pour arrêter une fouine, et le diamètre du fil — en dessous de 1 mm, ça reste fragile. Prévoyez une hauteur suffisante et de quoi replier trente à quarante centimètres au sol vers l’extérieur : c’est cette partie horizontale qui décourage le renard, qui creuse toujours au pied de l’obstacle.

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Traiter chaque prédateur

La fouine

Comment elle opère : de nuit, elle passe par la plus petite ouverture disponible. Elle tue souvent plusieurs animaux sans les emporter, avec des morsures à la nuque et à la tête. C’est ce comportement, difficile à comprendre pour nous, qui rend l’attaque si marquante.

Ce qui l’arrête : un abri parfaitement clos la nuit, sans ouverture supérieure à deux centimètres. Elle grimpe et elle est agile : le toit et les jonctions hautes comptent autant que le sol.

Attention aux loquets. Une fouine manipule un crochet simple. Il faut une fermeture qu’elle ne peut pas soulever d’une patte — verrou à ressort, targette avec goupille, ou loquet à deux mouvements.

Le renard

Comment il opère : il creuse au pied de la clôture, ou il passe par-dessus si elle est basse. Il emporte généralement sa proie, laissant des plumes éparpillées.

Ce qui l’arrête : de la hauteur, et surtout le grillage replié horizontalement au sol vers l’extérieur sur trente à quarante centimètres. Le renard creuse contre l’obstacle, il bute sur la partie horizontale et abandonne. C’est bien plus simple que d’enterrer, et tout aussi efficace.

Les rapaces

Comment ils opèrent : de jour, sur un parcours découvert. Ils laissent la carcasse sur place, entourée d’un cercle de plumes.

Ce qui les arrête : un filet tendu au-dessus du parcours, ou simplement des zones d’ombre et d’abri — un arbre, une haie, un abri bas où les poules peuvent se réfugier. Les poules repèrent très bien une ombre dans le ciel et savent se cacher, à condition d’avoir où.

Les rats

Souvent oubliés, et pourtant les plus assidus. Ils s’attaquent aux œufs, aux poussins, et surtout à l’aliment.

Ce qui les arrête : ne pas laisser d’aliment accessible la nuit, stocker le sac dans un contenant métallique fermé, et une mangeoire suspendue plutôt que posée au sol.

La mesure la plus efficace reste la plus simple

Fermer le poulailler chaque soir.

La grande majorité des attaques a lieu de nuit, quand les poules sont perchées, immobiles et incapables de fuir. Un abri correctement clos supprime l’essentiel du risque, quelle que soit la qualité de votre clôture extérieure.

Le problème, c’est que cela suppose d’être là tous les soirs, à la tombée du jour, toute l’année — et que le crépuscule se déplace de plusieurs heures entre juin et décembre.

C’est exactement ce que résout un portier automatique, et c’est la raison pour laquelle j’ai fini par en installer un. Le sujet, avec ses limites, est traité dans portier automatique : est-ce que ça vaut le coup.

Ce qui ne fonctionne pas

Les répulsifs à ultrasons. Les résultats sont au mieux inconstants, et les prédateurs s’habituent.

Les répulsifs olfactifs. Ils s’épuisent à la première pluie et demandent un renouvellement permanent.

Un chien. Utile en dissuasion diurne, sans effet la nuit quand il dort à l’intérieur — c’est-à-dire au moment qui compte.

Le piégeage. Réglementé, et sans intérêt sur le fond : un territoire libéré est reoccupé par un autre individu en quelques semaines. Sécuriser l’abri traite le problème une fois pour toutes.

L’aménagement complet du poulailler, dont la sécurisation n’est qu’un aspect, est repris dans la rubrique poulailler et prédateurs.

Les questions qu'on me pose le plus

Par quelle taille d'ouverture une fouine peut-elle passer ?

Une fouine adulte franchit une ouverture d'environ cinq centimètres, soit à peu près le diamètre de sa tête : si le crâne passe, le corps suit. C'est pour cette raison que le grillage à poules hexagonal, dont les mailles font souvent quatre à cinq centimètres, ne constitue aucune protection sérieuse contre elle.

Le grillage à poules suffit-il ?

Non. Le grillage à poules hexagonal est conçu pour empêcher les poules de sortir, pas pour empêcher les prédateurs d'entrer. Son fil est fin, ses mailles sont larges, et un renard le déchire sans difficulté particulière. Il faut un grillage soudé à maille fine, d'un diamètre de fil nettement supérieur.

Faut-il enterrer le grillage ?

Le renard creuse, donc oui. Deux solutions équivalentes : enterrer le grillage sur trente centimètres de profondeur, ou le replier horizontalement vers l'extérieur sur trente à quarante centimètres et le fixer au sol. La seconde est bien plus simple à mettre en œuvre et tout aussi efficace, car le prédateur creuse au pied de l'obstacle.

Comment reconnaître le prédateur après une attaque ?

La fouine tue souvent plusieurs animaux sans les emporter, avec des morsures à la nuque et à la tête. Le renard emporte généralement sa proie et laisse des plumes éparpillées ou un trou sous la clôture. Un rapace attaque de jour, laisse une carcasse sur place et un cercle de plumes. Ces indices orientent, sans certitude absolue.

Un poulailler bien fermé la nuit suffit-il ?

C'est la mesure la plus efficace, à condition que la fermeture soit réelle. La grande majorité des attaques a lieu de nuit, quand les poules sont perchées et vulnérables. Un abri solide, sans ouverture supérieure à deux centimètres, avec un loquet que la fouine ne peut pas manœuvrer, résout l'essentiel du problème.

Le calendrier de la basse-cour, mois par mois

Ce qu'il faut faire chaque mois : traiter avant l'été, adapter la ration à la mue, préparer l'hiver, surveiller la reprise de ponte au printemps. Une page, gratuite, plus un nouveau guide une à deux fois par mois.

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